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Propos confus

  • Robert Littell: LA COMPAGNIE
    Robert Littell: LA COMPAGNIE
    Une fiction bien réaliste qui replace la CIA dans son contexte de machine de guerre incontrôlable et non contrôlée. (****)

  • Dominique BAUDIS: LA CONJURATION
    Dominique BAUDIS: LA CONJURATION
    Une partie des croisades vue sous l'optique "franj". La période la plus cordiale entre mulsumans et croisés. (****)
  • Albert Hourany: HISTOIRE DES PEUPLES ARABES
    "Une" histoire bien documentée mais vu sous l'optique d'un libanais chrétien vernissé d'une culture trop britannique (**)
  • Dominique Baudis: FACE A LA CALOMNIE
    A la loupe : un professionnel de la communication qui gère une situation de crise. Au delà du journal chronologique la vérité terrifiante d'une arme de destruction définitive. Paix aux âmes qui ne sachant pas utiliser les médias sombrent irrémédiablement. La rumeur ? Un poison moderne à l'origine de crimes impunis. (*****)
  • Dan Brown: Da Vinci code
    Dan Brown: Da Vinci code
    Un bestseller ? L'histoire est rondement menée. Beaucoup de références historiques et artistiques. Mais la chute est un peu courte et écrite dans un style bien moins enlevé. L'inspiration a manqué au moment du final... Je reste sur ma faim. (****)
  • Pierre FAYARD: Comprendre et appliquer Sun Tzu
    Spécialiste de la communication des sciences et techniques, Pierre Fayard décortique la pensée stratégique de Sun Tsu pour mieux l'appréhender. "Chaque société, lorsqu'il y a un grand moment de changement, s'appuie sur sa culture traditionnelle, notamment pour la stratégie. Cette culture est tacite donc difficile à expliquer, d'où la nécessité d'employer des comparaisons pour en comprendre le sens." L'une des grandes idées de L'art de la guerre réside dans la considération de tout le potentiel disponible, chez ses associés ou ses ennemis, quelle que soit la situation. "Le jeu consiste à le faire tourner à son propre profit" explique Pierre Fayard. La stratégie n'est pas une science exacte, et requiert de la créativité. Ce que l'on a à faire, il faut le faire faire par son ennemi. La pensée de Sun Tzu est l'inverse des théories de Clausewitz, où la stratégie directe, frontale et destructrice a des difficultés à produire des changements qualitatifs."
  • Olivier Roy: L'islam mondialis
    Avec L'islam mondialisé, Olivier Roy s'inscrit dans la suite logique d'une longue réflexion, amorcée en 1985 avec Afghanistan, islam et modernité politique , poursuivie avec l'Echec de l'islam politique ,et plus récemment avec La nouvelle Asie centrale ou la fabrication des nations . La thèse principale de l'ouvrage consiste à démontrer comment l'islam radical des années 1990 a été en fait, forgé depuis l'Occident à partir d'un double processus d'échec de l'islam politique au Moyen Orient et d'immigration des populations musulmanes en Europe. Ainsi, malgré la perception occidentale d'un islam conquérant, la réislamisation ambiante est en fait un produit de l'occidentalisation et de la globalisation, dont le néo-fondamentalisme est l'illustration... (***)
  • M. Rodinson: Islam et capitalisme
    Islam et capitalisme, paru pour la première fois en 1966, pose ainsi le problème de la relation entre ces deux notions : « Où peut-on placer le monde musulman dans la typologie générale des systèmes de production et de redistribution des biens ? ». Bien que M. Rodinson s'intéresse surtout ici au capitalisme, une section est consacrée à la fin de l'ouvrage au socialisme. Paradoxalement, l'auteur part d'une orientation marxiste pour analyser le développement capitaliste dans le monde musulman. Il est vrai que cela peut surprendre, encore plus au XXIème siècle, d'où sa définition du marxisme appliqué à son essai. Il entend par cela partir d'hypothèses socio-économiques, d'une problématique propre aux sciences de l'homme comme l'a fait Marx. Il se considère non pas comme marxiste politique ou philosophique mais comme marxiste des sciences sociales, se basant sur des données empiriques, l'histoire et l'économie politique. M. Rodinson explique aussi que son travail est libre des tabous qui encerclent l'Islam, à la différence des penseurs des pays musulmans, car il n'a pas d'appartenance à ce milieu. De plus, il avertit le lecteur que son travail n'est pas aussi précis qu'il le voudrait car c'est un projet ambitieux. Ces trois principes de départ posés, il peut se lancer dans la position du problème. (***)
  • Belmère-Billot Marie-Claude: Moins de poids... plus de moi
    Résumé Le problème du poids représente une des préoccupations majeures en santé publique à travers le monde. L'obésité est devenue l'ennemie numéro un. Le corps médical a mis en place différentes stratégies préventives et interventionnistes qui ont des incidences surtout économiques. Mais qui s'occupe de l'individu, de son histoire, de son potentiel, de ses souffrances et de ses besoins ? Privilégiant une approche axée sur la personne, l'auteure témoigne de son expérience auprès de milliers de patients voulant perdre du poids. Par un pourquoi, un qui et un comment, elle souligne l'importance de s'identifier, de se respecter et non d'attendre une identité respectable de son amaigrissement. Elle exhorte le public à choisir un thérapeute non seulement pour ses compétences professionnelles, mais aussi pour ses compétences humaines et sa capacité à relativiser le pouvoir médical afin d'éviter d'être manipulé au nom de la prévention. Ce livre s'adresse tant aux patients qu'aux thérapeutes. Les patients s'y retrouveront avec beaucoup d'aisance et seront invités à entreprendre une démarche sur eux-mêmes avant tout. Quant aux thérapeutes, ils pourront y puiser des éléments de réflexion afin d'enrichir leur pratique professionnelle. Un régime est la meilleure façon de prendre du poids. Par contre, une démarche sur soi, sur ses forces, sur ses passions, sur ses blessures, sur ses manques, ne serait-ce pas une meilleure façon d'exister ? Biographie Depuis près de 20 ans, Marie-Claude Belmère-Billot pratique à Toulouse comme médecin endocrinologue nutritionniste, hypnothérapeute ericksonnienne et praticienne EMDR. Elle a rencontré plusieurs milliers de patients souffrant de problèmes de poids de tout genre. Elle nous fait partager l'expertise qu'elle a développée grâce aux liens étroits qu'elle a tissés dans l'accompagnement thérapeutique des personnes venues la consulter. Elle donne des conférences, des formations et des séminaires en France et au Québec. (*****)
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14 mai 2005

Une ressortissante chinoise soupçonnée d'espionnage industriel à l'encontre d'une société française… La branche asiatique des irlandais de Vincennes ?

Une grosse bavure de Valéo, des RG et de la DGSE

Élève ingénieur à l'Université technologique de Compiègne (UTC, Oise), Lili, 22 ans, est incarcérée à la maison d'arrêt des femmes de Versailles. Mise en examen pour vol de données et abus de confiance, la jeune chinoise est accusée d'avoir dérobé des documents confidentiels lors de son stage chez l'équipementier automobile Valéo qui aurait porté plainte.

Présentée comme surdouée, la jeune chinoise détentrice, pour l’instant, du seul bac chinois, a intégré UTC de Compiègne en 2002 après avoir subi une mise à niveau en langue française de six mois. Langue qu’elle maîtrise passablement. Et à Compiègne même, un apprentissage de la langue anglaise, langue obligatoire pour le cursus. L’espagnol et l’arabe ??? Probablement sait elle dire merci, bonjour et au revoir ! Enfin elle est inscrite en initiation à l’allemand.

Elle a obtenu les UV obligatoires en mathématiques, mécanique des fluides et physique appliquée. Obtenus avec des notes suffisantes pour être classée parmi les étudiants moyens de l’IUT, soit environ 10/20. Elle n’est pas la spécialiste décriée par tous les médias.

Dans sa chambre d’étudiante, qu’elle partage avec son compagnon, la police française a découvert un Pc fixe de l’étudiante, le PC fixe de son compagnon et le portable dont elle se sert à l’université et dans Ses stages, 2 clés USB une de 64 Ko et une de 128 Ko, enfin un disque dur externe d’une capacité de 60 gigaoctets qui lui sert à sauvegarder. Où sont les six ordinateurs surpuissants ???

Chez Valéo elle a copié des données d’un PC destiné aux stagiaires où sont stockés les rapports des différents stagiaires qui passent chez Valéo. En fait de données ultra sensibles il s’agit de documents qui ont circulé dans les différentes facultés scientifiques, écoles d’ingénieurs,  et autres IUT où ces différents mémoires ont été soutenus, à l’oral, devant un jury et pour la plupart du temps devant d’autres étudiants.

C’est une élève assez moyenne en informatique. Du coup, cela fait rigoler ses collègues étudiants en informatique quand on la présente comme possédant six PC…

Cette jeune Mata Hari chinoise de 22 ans ne serait-elle pas en somme la branche asiatique des irlandais de Vincennes ?

26 mars 2005

Communication de crise ? Le concours des mémoires

Le concours de mémoires 2005 est ouvert !
Organisé par des professionnels de la communication, un concours est ouvert en 2005 pour distinguer le meilleur mémoire sur la communication de crise et/ou la gestion des crises.

Sont admis à concourir :

Les étudiants de maîtrise, de DESS, de DEA et les élèves des grandes écoles en France ou à l'étranger. Le mémoire doit avoir été soutenu au titre de l'année universitaire 2004 ou 2005.

Pré inscription

Les candidats doivent faire parvenir leur intention de concourir avant le 15 Juillet 2005.
Pour vous pré inscrire envoyez-nous un email avec quelques lignes expliquant vos motivations à
info@communication-crise.com.

Précisez obligatoirement :

- Nom, prénom, adresse complète
- Téléphone, email
- Cursus et établissement dans lequel le mémoire est effectué
- Sujet et année du mémoire

Important -
Si vos coordonnées changent, n'oubliez pas de nous tenir informés.

Presse

La remise du prix fera l'objet d'une présentation à la presse.

Planning

15 Juillet : clôture des pré inscriptions
31 Octobre : remise des mémoires - dernier délai
Décembre : élection du gagnant
Janvier 2006 : remise du prix.

Ces informations seront complétées au cours du temps.

14 février 2005

L'ancien maire de Toulouse qui, après avoir été accusé de viol et de meurtre, a été mis hors de cause. Dans son livre "Face à la calomnie", il tire les leçons de cette affaire...

Dominique Baudis a attendu d’être blanchi par le juge avant de publier ce récit au jour le jour de son supplice. Il commence par ce jour fatal où il apprend, par un proche, qu’une ex-prostituée toulousaine, « Patricia », cite son nom parmi les « notables » organisateurs de soirées sadomasochistes. Patrice Alègre, un tueur en série toulousain, serait leur « pourvoyeur de chair fraîche ». Ce dernier a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour cinq meurtres, mais il est soupçonné d’avoir tué d’autres femmes, dont la disparition a été hâtivement classée en suicide.

D’emblée, l’ancien maire de Toulouse croit à une vengeance du Milieu. Ne s’est-il pas promis, au CSA, de lutter contre la pornographie à la télévision ? C’est l’explication qu’il avance, le 18 mai 2003, lorsque, prenant les devants, il révèle sur TF1 qu’il est impliqué dans « l’affaire Alègre » à son corps défendant.

« Alors que j’étais traité de criminel à la télévision, je lisais de la compassion dans le regard des gens. »

La thèse du complot se révélera fausse et son intervention sur TF1 lui vaudra d’être exposé en première ligne. Pendant les semaines qui suivent, les accusations les plus infamantes et les plus délirantes vont s’abattre sur lui, ainsi que sur plusieurs magistrats et policiers. Ses accusatrices, « Patricia » et « Fanny », deux ex-prostituées toulousaines, auquel se joint « Djamel », un travesti, s’affichent en direct, à visage couvert, sur toutes les chaînes, aux heures de grande écoute. Viols, tortures, meurtres d’enfants… Tout y passe. La presse locale exige que « justice soit faite ». La presse nationale, Le Monde en particulier, décrit une maison des horreurs qui n’existe pas.

Comment tenir, sous ces tombereaux d’ordures ? « Par la certitude que ces histoires ne me concernaient pas, par le réconfort et les conseils de ma femme, Ysabel, et de ma fille aînée, Florence, raconte Dominique Baudis. Par l’écriture. Mes amis ont fait bloc. J’ai compartimenté mon travail et ma vie privée, ce qui m’a permis de m’investir dans d’autres problèmes au CSA. Et puis, alors que j’étais traité de criminel à la télévision, je lisais de la compassion dans le regard des gens. » Il prie, aussi, mais « cela appartient à l’intimité, qu’un homme public ne doit pas évoquer ».

De sa souffrance, Dominique Baudis ne dira pas un mot. « Je suis du genre réservé », admet-il. Tout juste reconnaît-il que les choses ont été « difficiles » pour son fils Pierre, 16 ans, et son « petit », Benjamin, 7 ans, qu’on a tenu éloigné du petit écran, « mais qui a tout enregistré ».

« une série d’engrenages se sont fait tourner les uns les autres »

Démonter la machination, comprendre… De passage en Belgique, il découvre que les à-côtés de l’affaire Dutroux ressemblent à s’y méprendre au cauchemar qu’il est en train de vivre. « Là aussi, des prostituées masquées, présentées sous de faux noms, débitent devant les médias des horreurs sur le compte d’hommes publics. »

Comment en arrive-t-on à ce paroxysme ? Dominique Baudis est persuadé que « Patricia » a jeté des notables en pâture aux médias pour « faire diversion, dresser un écran de fumée, faire oublier qu’elle était impliquée » dans la véritable affaire, celle de Patrice Alègre. Ensuite, « une série d’engrenages se sont fait tourner les uns les autres, poursuit le président du CSA. A Toulouse comme en Belgique, on a vu le même processus à l’œuvre : des erreurs ont été commises, des meurtres classés en suicides, avec toute l’injustice que cela représente pour la mémoire des victimes et leurs familles. Quelqu’un raconte alors que des puissants tirent les ficelles ! Tout le monde s’engouffre sur cette fausse piste, qui fournit une explication facile ».

Les engrenages ? Un gendarme qui prend pour argent comptant, sans les vérifier, les dires des ex-prostituées. Une presse locale qui exige que « justice soit faite ». Un procureur qui, pressé par les médias, va ouvrir, en avril 2003, une instruction pour « viols et proxénétisme aggravé ». Des témoins au visage masqué que l’on s’arrache et que l’on paye parfois très cher.

Dix-huit mois après l’ouverture du dossier, le juge doit cependant reconnaître que celui-ci est vide. Le 2 novembre 2004, il clôt l’instruction. Un non-lieu devrait suivre. Y aura-t-il réparation ? Dominique Baudis n’en espère aucune. Le gendarme a fait valoir ses droits à la retraite. Le procureur a été muté. Les deux prostituées, qui se sont rétractées, passeront bientôt en correctionnelle pour « faux témoignage ». Le Monde s’est excusé. Pas ceux de la télévision ni ceux de la Dépêche du Midi.

Continuer de croire en la justice de son pays

Le mot vengeance reste malgré tout banni du vocabulaire de l’ancien maire de Toulouse qui continue de croire, contre toute attente, à la justice de son pays. « C’est à elle de faire rendre des comptes à ceux qui l’ont bafouée », dit-il. De même qu’il a interdit, au CSA, d’intervenir alors que les chaînes multipliaient les dérapages à son égard, il s’interdit aujourd’hui de descendre dans l’arène pour réformer un système qui a failli le broyer.

« Tout repose sur la conscience professionnelle et sur la qualité morale de ceux qui ont le pouvoir de juger et d’informer, ajoute-t-il. Certains le font avec un souci d’indépendance et d’équité. D’autres se servent de leur pouvoir à d’autres fins. Dans l’affaire Alègre, cela a fait perdre des mois à la recherche de la vérité. C’est intolérable et cela doit être puni. » Dominique Baudis n’en dira pas plus.

06 février 2005

" L’IMPACT D’UN DÉMENTI TÉLÉVISÉ"


Jean-Noël Kapferer , expert français sur les rumeurs, professeur à HEC et Jean-Pierre Piotet, Président de l’Observatoire de la Réputation, ont pris l’initiative de mener une recherche sur l’ « impact d’un démenti télévisé », à l’occasion de la prise de parole volontaire de Monsieur Dominique Baudis.

Les principaux résultats qui se dégagent de cette étude sont :

  • 2/3 des français de plus de 18 ans connaissent désormais les rumeurs affectant Dominique Baudis,
  • l’intervention télévisée a multiplié par 9 le nombre de personnes connaissant les rumeurs et les allégations,
  • un interviewé sur deux, connaissant la rumeur, n’y croit pas du tout, mais, les jeunes y croient deux fois plus que leurs aînés,
  • avant les rumeurs, seuls 4% des interviewés avaient une mauvaise opinion de Dominique Baudis.


Contexte

Depuis toujours praticiens et sociologues se sont interrogés sur l’effet d’un démenti public d’une rumeur. Des études de laboratoire existent mais ne reproduisent pas la réalité de la dynamique sociale de la rumeur. C’est pourquoi nous avons saisi l’opportunité qu’offre l’actualité récente pour examiner en profondeur, « grandeur nature », l’impact d’un démenti public sur une rumeur, sa diffusion, sa crédibilité. Cette actualité est celle du passage au Journal télévisé de 20h sur TF1 de Monsieur Dominique Baudis, le 18 mai, pour selon ses termes mêmes « faire face à la rumeur, ... regarder la calomnie droit dans les yeux, … lui tordre le cou ».

Pour saisir l’impact de ce démenti, nous avons attendu quatre jours après l’intervention télévisée, c’est à dire le jeudi 22 et le vendredi 23 mai : en effet, un démenti au journal télévisé allait naturellement déclencher un écho dans les médias et dans le bouche à oreille. C’est cet ensemble dont il convenait d’examiner les effets. Nous avons établi le programme de recherche, ses objectifs et le questionnaire correspondant et confié à un institut de sondages, l’Ifop, le recrutement de l'échantillon de 967 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus et son interview par téléphone ainsi que les tris statistiques. Nous présentons ci-dessous les premières analyses et commentaires de notre étude sur l’impact d’un démenti télévisé.

Une rumeur mise sur la place publique

Comme on pouvait s’y attendre, et cela était probablement son objectif, l’intervention de Dominique Baudis au Journal Télévisé de 20h de TF1, le 18 mai, a engendré une vague de fond qui a largement répandu le contenu des rumeurs et allégations. De fait, quatre jours après cette intervention, 66 % des interviewés déclarent avoir entendu parler des rumeurs concernant Dominique Baudis. 

Sachant que 11 % de ces 66% déclarèrent les connaître avant le 18 mai, soit 7.5 % de la population, on peut donc dire que l’événement a fait connaître les rumeurs et allégations à 58.5 % des français en quelques jours ( 66 % - 7.5%). Le démenti a multiplié par 9 la connaissance de ces rumeurs et allégations.

Plusieurs facteurs expliquent cet impact sur la diffusion : le démenti a entraîné un fort écho médiatique. Sur les 66% qui déclarent avoir entendu parler des rumeurs, 74 % disent en avoir entendu parler à la télévision depuis le dimanche 18 mai, 68 % dans la presse et la radio, et 40 % par le bouche à oreille aussi. La plupart des personnes en ont donc entendu parler de toutes parts : TV, presse, radio, discussions.
Mais, cet impact élevé (66% de connaissance) a d’autres causes : nous le verrons ci-dessous, l’homme politique est très connu. Les allégations sont fortes, précises et touchent à l’un des thèmes les plus classiques des rumeurs, celui du dévoilement d’une soi-disant réalité cachée.
Enfin, la démarche d’un démenti, face au grand public, prenant les devants face à la calomnie, est rarissime.

Une pénétration variable selon les publics

L’impact de 66 % est une moyenne nationale. Il existe des différences significatives selon les publics : certains groupes la connaissent moins que la moyenne et d’autres plus.

  • les hommes déclarent plus que les femmes connaître ces rumeurs ( 73% vs 61 % )
  • les moins de 35 ans connaissent bien moins ces rumeurs que les plus de 35 ans ( 40 % vs 78 %). La différence est considérable : elle va du simple au double. Est-ce un signe de la désimplication politique qui toucherait les jeunes aujourd’hui ?
  • les personnes proches de la droite déclarent en avoir entendu parler plus que les personnes proches de la gauche ( 77% vs 62 %), traduisant en cela une forte sensibilité à un événement qui touche un personnage politique de leur bord.
  • enfin, cela est normal, les interviewés du Sud Ouest manifestent le plus fort taux de connaissance : 86 %. Il s’agit de la région historique de l’homme politique. La résonance y est donc bien plus forte.

Ce qui est retenu de la rumeur

Que retiennent les interviewés de ces rumeurs et allégations, de leur contenu ? Sur les 66 % qui déclarent en avoir entendu parler, dans les médias et par le bouche à oreille, 84 % les résument à une affaire de mœurs. Seuls 29 % font un lien avec Patrice Alègre. La rumeur est donc clairement positionnée dans le registre des mœurs, du sexe, qui comme chacun sait est un des thèmes favoris de toutes les rumeurs.

Quelle crédibilité pour la rumeur ?

Entendre parler des rumeurs et allégations est une chose, y croire en est une autre. Sur les 66% d’interviewés connaissant désormais les rumeurs et allégations, combien y croient vraiment ?

De fait, un français sur deux connaissant la rumeur, n’y croit pas.

Sur les 66 % déclarant en avoir entendu parler :

  • 48 % déclarent que cela est faux,
  • 20 % ne se prononcent pas, n’ont pas d’opinion,
  • 29 % ont des doutes, déclarant que cela peut être vrai,
  •   3 %, une infime minorité seulement, est sûre que cela est vrai.

Il est intéressant d’examiner où se situe le doute ? Qui sont ces 29 % qui doutent ?

Les jeunes sont plus sensibles à la rumeur

Si en moyenne 29 % des 66% connaissant la rumeur ont des doutes, l’écart est considérable entre les plus jeunes et les moins jeunes : 50 % des moins de 35 ans disent que cela pourrait être vrai, alors que le chiffre n’est que de 25 % pour les plus de 35 ans !! Le chiffre varie donc du simple au double.

Or, on se rappelle qu’en termes d’impact, les rumeurs étaient moins connues des moins de 35 ans que des plus de 35 ans ( 40 % contre 78 % ). Ainsi, alors qu’ils connaissent ces rumeurs deux fois moins que leurs aînés, les moins de 35 ans y croient deux fois plus.

Comment expliquer cette sensibilité, perméabilité des jeunes face à cette rumeur, et à ces allégations ? A ce stade de nos analyses, en attendant de futurs développements sur notre étude, nous pouvons avancer les hypothèses suivantes :

  • Les jeunes ont une sensibilité politique traditionnellement plutôt à gauche. Or, dans notre étude, la proximité politique est aussi source de différences significatives sur le doute vis à vis des allégations et rumeurs. Ainsi, 47 % des personnes se déclarant plutôt à gauche disent avoir un doute, que cela “peut être vrai”. Le chiffre est deux fois moindre chez les interviewés connaissant la rumeur et se déclarant plutôt à droite ( 21%). On sait que la croyance à une rumeur est plus faible lorsqu’elle touche un homme politique de son bord, et plus forte lorsqu’elle touche un homme politique du bord adverse.
  • Selon nous, l’explication politique ne suffit pas à rendre compte totalement du phénomène. En effet, lorsqu’on demande aux interviewés, dans une partie volontairement différente du questionnaire, s’ils croient au proverbe « Il n’ y a pas de fumée sans feu », les moins de 35 ans y croient significativement plus que leurs aînés ( 78 % contre 62 % ). De même, on y croît plus à gauche qu’à droite ( 73 % vs 62 % ). Or il n’ a pas de raison théorique de justifier un lien entre le sentiment politique et la croyance à ce proverbe. Donc c’est plus probablement un effet d’âge, de génération, la politique n’étant qu’une variable corrélée mais non causale. Les jeunes d’aujourd’hui ne s’étonneraient-ils plus de rien, au point de croire à tout ?
  • Nous verrons enfin que c’est chez les moins de 35 ans que Dominique Baudis avait l’image la plus floue. Tout en étant connu d’eux, ceux ci déclarent ne pas avoir eu d’opinion précise, bonne ou mauvaise, sur l’homme lui même. Faute de réputation “préventive”, la rumeur, les allégations ont pu avoir plus de prise.

Un message bien passé

Lorsqu’on demande ce qu’a répondu Dominique Baudis aux calomnies et rumeurs, les interviewés qui connaissent ces rumeurs ( 66%) montrent qu’ils ont bien entendu le contenu du démenti et de la contre attaque :

  • 71 % se souviennent de la notion de machination,
  • 65 % se souviennent du lien avec le combat anti-porno de Dominique Baudis au CSA.

Un fort capital de sympathie

Quelle opinion les interviewés avaient-ils de Dominique Baudis avant ces évènements ?
Bénéficiait-il d’un capital de réputation suffisamment solide pour résister à la rumeur ?

Tout d’abord il était très connu : 82 % déclarent le connaître. Surtout l’homme n’avait pas d’ennemis dans le public. Seuls 4 % déclarent avoir une mauvaise opinion antérieure, soit une infime minorité. 55 % avaient une bonne opinion antérieure. 37% avaient une opinion ni bonne, ni mauvaise, neutre. Et, dans le Sud Ouest, la réputation est la plus forte : 66% de bonne opinion ( vs 55 % en moyenne ).

Une discrétion qui honore l’homme, mais ne le protège pas

Remarquons que c’est encore chez les jeunes, les moins de 35 ans, que l’on trouve le plus grand nombre de personnes qui tout en ayant entendu parler de Dominique Baudis, n’en ont pas une opinion précise ( 57 % des moins de 35 ans vs 33 % des plus de 35 ans ). Sur eux le bouclier que constitue une bonne réputation (constatée sur les aînés) n’a pas fonctionné : d’où leur plus grande sensibilité aux rumeurs et calomnies dans le cas étudié. On peut avancer que la discrétion qui honore l’homme dans sa vie privée, en l’occurrence, l’a peut-être désesservi dans sa vie publique.


Jean-Noël Kapferer est l’expert français de la rumeur. Ses travaux, livres, articles et conférences en ont fait aussi l’un des spécialistes internationalement réputés du sujet.
Psychosociologue, Docteur de Northwestern University ( USA ), il s’est spécialisé dans l’analyse de l’opinion publique
, de ses ressorts, de ses sources et de sa modification.
Ses livres les plus connus sur le sujet sont : « Les Chemins de La Persuasion »( Dunod), « L’Enfant et la Publicité »( Dunod ) et « Rumeurs , le plus vieux Media du Monde», publié au Seuil, livre à ce jour traduit en douze langues dans le monde. Il a créé la Fondation pour l’Etude et l’Information sur les Rumeurs.
Professeur à HEC, directeur de thèse, il anime les conférences et séminaires sur la communication.

Observatoire de la Réputation ( www.obs-reputation.org ), association créée en 1994 par Jean-Pierre Piotet et dont la vocation est la conduite de recherches et d'études dans le but de « mieux comprendre les mécanismes de création et de diffusion de la réputation, et d’apprécier l'évolution de la réputation de personnes ou d'organisations ».
HEC, conférencier, auteur de différents ouvrages de référence sur le sujet, « Balladur, ou la réputation à l’épreuve du pouvoir » (Ed Eska), ou « Nous sommes tous des candidats » (en coll. Avec Piem aux Ed Plon), Jean-Pierre Piotet a créé par ailleurs différents instituts d’études (Dorset,..) et agences de communication (Civis conseil,..); il préside actuellement ThompsonCorp.

Contacts :
Jean-Noël Kapferer : kapferer@hec.fr , 01 39 67 72 54
Jean-Pierre Piotet : jppiotet@obs-reputation.org , 01 41 05 44 08 , 06 08 89 16 84