Il y a vingt ans, bien avant que l'été caniculaire ne vienne alerter tout un chacun sur les graves difficultés endurées par un nombre croissant de personnes âgées, la société d'assurances AG2R lançait une innovation de taille : un contrat d'assurance contre le risque de dépendance.
Moyennant une cotisation mensuelle, il devenait ainsi possible de se prémunir contre l'éventualité d'une maladie grave ou d'un accident qui, à un âge avancé de la vie, impose une assistance permanente souvent impossible à assumer financièrement. « Comme toutes les caisses de retraite, nous disposions d'un petit budget pour aider les personnes en difficultés exceptionnelles, explique Jean Castagné, délégué général adjoint d'AG2R. Mais nous avions de plus en plus de demandes pour prendre en charge des gens lourdement dépendants, grabataires, qui n'avaient pas les moyens de payer un établissement susceptible de les accueillir. »
Depuis, le gouvernement a mis sur pied des aides spécifiques, dont l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). Mais celles-ci sont notoirement insuffisantes pour faire face à la dépendance. L'initiative d'AG2R a donc fait des émules. L'allongement de la durée de la vie accroît la probabilité de se retrouver dépendant. Or, selon une étude de Christiane Delbès, chercheuse à la Fondation nationale de gérontologie, et Joëlle Gaymu, de l'Institut national d'études démographiques (INED), publiée en novembre 2004, environ une personne de 75 ans sur trois éprouve des difficultés à marcher et une sur cinq à faire son ménage.
Les assureurs et les mutuelles ont vite compris l'intérêt de ce nouveau marché. Selon la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA), une trentaine de sociétés commercialisent désormais des contrats d'assurance-dépendance. A la fin septembre 2004, 1,4 million de personnes avaient souscrit de tels produits, soit 6 % de plus qu'en 2003.
Les contrats d'assurance proposés se sont affinés pour répondre à des situations diverses (dépendance totale ou partielle) et à des profils patrimoniaux variés. Parallèlement, des entreprises et des mutuelles ont mis au point des contrats collectifs qu'elles proposent à leurs salariés ou à leurs membres. Pour les populations plus aisées, des contrats d'épargne-dépendance ont été créés, qui permettent de se constituer un capital. Celui-ci donne droit à des prestations spécifiques si la dépendance survient, mais n'est pas perdu dans le cas contraire, à la différence des sommes versées au titre d'une assurance.
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