La veille technologique a vraiment pris son essor a la fin des années 1980 en France à l'initiative des Pouvoirs Publics.
L'information stratégique sortant de l'analyse est utile pour les décisions concernant la politique de recherche et de développement, pour l'élaboration des programmes de recherche de la société, pour la programmation des actions de développement de procédés, de produits, de méthodes.
Le suivi systématique de l'évolution technique (brevets) et technologique des domaines critiques de l'entreprise est un des objectifs de la veille technologique, et permet de saisir les opportunités de développement sans perdre de temps.
Le transfert de technologies a surtout besoin d'informations "aval". Il faut bien comprendre que ces informations sont systématiquement intégrées dans la veille technologique; elles sont analysées, validées, synthétisées par les experts au même titre que l'IST.
Elles sont d'abord utilisées pour établir des accords de coopération, des filiales conjointes avec des sociétés pouvant apporter des atouts complémentaires. Puis aussi pour la vente de licences, l'achat de licences, l'achat d'entreprises, l'achat ou la vente d'unités de production, opérations qui permettront, dans le domaine technologique d'une entreprise ou à ses frontières, d'accroître ses possibilités, de renforcer sa position et d'utiliser au mieux son potentiel industriel.
Intelligence économique.
Le concept d'intelligence économique, suite logique de la veille technologique a été présentée, en 1994, dans le rapport du Xème Plan "Intelligence économique et stratégique" présidé par Henri Martre. Définie comme étant "L'ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution de l'information aux acteurs économiques en vue de son exploitation", elle préconise un "usage offensif de l'information".
L'intelligence économique dépasse la veille technologique car il y a intention stratégique et tactique avec interaction entre les acteurs économiques de tous les niveaux : entreprise, interprofessionnel, national, transnational et international. L'intelligence économique est utilisatrice de tous les types d'information, de la science au marché, en y intégrant l'information ouverte non publiée généralement appellée "information informelle".
Lucille Grasset, responsable de la Veille à l’Institut pour l'information scientifique et technique du CNRS définit l'intelligence économique comme recouvrant les champs suivants :
Ö au service de la cohésion sociale, l'instauration des relations entre l'Etat et les acteurs économiques et sociaux adaptés aux enjeux mondiaux de compétitivité participent, par le développement économique, au maintien du tissu social.
Ö au service des entreprises, la mise à disposition de l'information utile et notamment économique et financière, commerciale, juridique et réglementaire, scientifique et technique, la sensibilisation/formation des entreprises à l'utilisation de l'information, le soutien des entreprises dans la conquête de marchés extérieurs, dans la veille technologique et concurrentielle, à l'acquisition de nouveaux savoir-faire...
Ö au service de l'Etat, la définition de politiques, de stratégies, la mise en cohérence, le développement d'outils, de modes d'organisation et de travail au sein du Gouvernement et de l'administration visant à augmenter la performance économique de la France, notamment par une meilleure circulation de l'information et une collaboration interministérielle plus fréquente. En ce sens, l'intelligence économique est un « levier de réforme de l'Etat ».
Le système d'aide à la décision.
Le traitement de l'information ou la maîtrise qualitative des flux informationnels doivent être intégrés au système d'information de l'entreprise.
Prenant appui sur des modèles explicités, mais non nécessairement complètement formalisés, l'aide à la décision permet d'obtenir des éléments de réponses aux questions d'un ou des groupes de décideurs.
J. Johnson et J-C. Courbon définissent un S.I.A.D comme un système homme-machine permettant à travers un dialogue une amplification du raisonnement humain lors de résolution d'un problème faiblement structuré.
P.Levine et J-C.Pomerole le définissent comme un système qui sélectionne, interprète et densifie l'information pour préparer la décision. Un S.I.A.D correspond à un système d'information spécialement conçu pour traiter l'information impliquée dans un processus de décision.
La prise et l'exécution des décisions sont un des buts fondamentaux de toute organisation, de tout management... L'exercice de la décision doit être informé. (voir lettre n°11)
En guise de conclusion provisoire, ... "Le pouvoir n'appartient plus à celui qui détient l'information, mais à celui qui sait la traiter et l'utiliser".
Le véritable problème réside dans la maîtrise et l'analyse du contenu des flux informationnels à caractère stratégique. Précisément, il s'agit de déterminer l'information stratégique sur laquelle se fonde une prise de décision en isolant celle qui est spécifiquement utile au management (information "critique" de la masse d'informations disponible sur le domaine).